18 avril 2013
Attentats au Marathon de Boston
Une Valoise de retour de l’enfer
Par: Alain Bérubé

Lorsque Pascale Dubois a complété les 42,2 km du Marathon de Boston, avec le meilleur chrono québécois chez les femmes, elle ne se doutait pas que cet exploit allait être éclipsé par de sanglantes explosions terroristes.

Même si elle a dépassé ses objectifs personnels lors de la course, la Valoise d’origine avoue avoir craint pour la vie de ses deux enfants.

Âgée de 41 ans, celle qui demeure maintenant à Saint-Lambert en était à son 11 e marathon, dont son second à Boston. C’est donc le sourire aux lèvres qu’elle prenait le départ lundi.Les attentats survenus en après-midi et qui ont fait trois morts et plus de 170 blessés ont toutefois assombri ses performances athlétiques. « Je célébrais ma course avec quelques proches et amis, sans savoir ce qui s’était passé près du fil d’arrivée. C’est plus tard qu’on a constaté que quelque chose clochait. Ça courait partout, on entendait plein d’ambulances un peu partout et c’était la panique », relate Pascale Dubois.La marathonienne était d’autant plus inquiète que quelques membres de leur groupe – dont ses deux enfants – étaient dans un restaurant du centre-ville. « Même si j’étais fatiguée, j’ai trouvé l’adrénaline nécessaire pour sprinter et ainsi retrouver mes enfants le plus vite possible. Ils étaient sains et saufs, mais ce fut pour eux traumatisant de vivre ces moments-là, surtout qu’on voyait plein d’images troublantes à la télévision », affirme-t-elle.En compagnie de son conjoint et de ses enfants, Mme Dubois a été soulagée de pouvoir quitter en soirée Boston pour leur chambre d’hôtel, située en banlieue.« C’était la congestion totale au centre-ville de Boston et il y avait plein de policiers partout. Nous étions bien heureux de retrouver un peu de calme, avant de repartir vers la maison le lendemain matin », confie-t-elle.Ce qui chagrine Pascale Dubois, c’est de constater que même si ce marathon a été la meilleure course de sa carrière – amorcée en 2008 – , il en restera toujours un goût amer. « J’ai terminé avec un temps de 2:59:37, ce qui me réjouit, car je souhaitais terminer la course en bas de trois heures. Malgré tout, je ne suis pas certaine de tenter ma chance de nouveau à Boston, avec tout ce qu’on a vécu », admet-elle.Pascale Dubois affirme cependant que la discipline du marathon lui apporte beaucoup au plan personnel. « Ça me fait beaucoup de bien et ça donne un fort sentiment de liberté et de dépassement de soi. Je ne peux sûrement pas abandonner ce sport tout d’un coup, malgré ce qui s’est déroulé à Boston. Je remercie le ciel d’avoir épargné ma famille, ainsi que l’ensemble du groupe qui nous accompagnait », conclut-elle.

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