2 avril 2020
Urgence : des troupes mobilisées
Par: Martin Bourassa

Une tente réservée au prétriage de la salle d’urgence a été aménagée à l’extérieur de l’établissement pour séparer les malades en deux groupes et les diriger vers l’urgence chaude et l’urgence froide où un second triage est effectué selon les priorités. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

De façon générale, Robert Patenaude estime que les choses se passent bien jusqu’ici à l’urgence comme dans l’ensemble de « son » hôpital.

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Il sent la jeune équipe d’urgentologues – un groupe auquel se sont greffées cinq nouvelles ressources au cours de la dernière année – bien préparée à faire face au défi qui s’annonce. Ils sont trois médecins de jour, trois de soir, deux de nuit et un de garde sur la ligne de front.

Autour d’eux, un fort et impressionnant bataillon de spécialistes, de professionnels, d’infirmières et de préposés serrent les rangs. « C’est très occupé, mais on ne lâche pas. Les spécialistes, les infirmières et tout le personnel travaillent en équipe, c’est beau de voir ça. Je suis vraiment fier de mon hôpital, il n’y a pas de chicanes à l’interne. L’équipe est tricotée serrée et tout le monde donne son maximum. Depuis dix jours, on se prépare à la vague qui s’en vient. On reçoit de plus en plus de patients. Nous vivons le ressac du congé scolaire et des voyageurs qui reviennent. Mais on sent que la grosse vague s’en vient et nous n’y échapperons pas. Il faudra être prêts et nous le serons. »

Le travail se déroule pourtant dans des conditions difficiles, pour ne pas dire précaires. La vétusté et l’exiguïté des installations obligent le personnel à beaucoup d’ingéniosité. Les travaux d’agrandissement de la nouvelle urgence pour laquelle s’est battu et a travaillé le Dr Patenaude pendant 12 ans débutent à peine. « Les conditions ne sont pas toujours idéales, mais nous avons appris à composer avec ça depuis longtemps. On a eu à gérer d’autres crises dans ces installations par le passé, que ce soit le verglas ou encore le C. difficile, mais rien qui s’approche de ce qui s’en vient. Nous essayons de nous protéger le mieux possible et de veiller les uns sur les autres. »

Bas les masques N95

Justement, y a-t-il suffisamment d’équipements de protection? Il faut savoir qu’au cours des derniers jours, LE COURRIER a eu vent d’informations contradictoires sur la situation du matériel, dont les fameux masques de protection N95. Si son port était obligatoire, il n’y a pas si longtemps avant d’aborder chaque cas suspect, on aurait modifié cette pratique récemment au profit du simple masque chirurgical, ce qui a semé une certaine confusion, pour ne pas dire une certaine panique chez plusieurs.

« Nous avons tout ce dont nous avons besoin, assure le Dr Patenaude. Pour l’instant, on ne manque de rien. Cela dit, il faut gérer serré dès maintenant. Les protocoles de l’équipe d’infection changent régulièrement et il faut s’ajuster. Quand on fait du dépistage, un masque ordinaire, des gants et la visière font le travail. Le personnel a un peu de difficulté à s’y retrouver, mais on ne manque pas de N95. On les garde pour les cas de haut niveau technique comme pour les intubations par exemple. »

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