20 septembre 2012
Intégration des enfants handicapés dans les camps de jour
Vers la décentralisation?
Par: Le Courrier

Les travaux de construction prévus aux Loisirs Douville en 2013 et le manque d’espace criant dont est victime le Mouvement Action Loisir Inc. (MALI) pourraient forcer la Ville de Saint-Hyacinthe à décentraliser l’intégration des enfants handicapés dans les camps de jour dès l’été prochain.

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Depuis bientôt trois ans, la Ville mandate le MALI pour superviser les services de camps d’été offerts aux enfants vivant avec un handicap physique ou intellectuel. Systématiquement et sans évaluation individuelle, tous les enfants qui ont des besoins particuliers nécessitant un accompagnement y sont référés.

Cette entente devait se terminer au terme de l’été 2013. Toutefois, les circonstances forceront sa révision dès cet automne. « Déjà, le MALI est à l’étroit dans ses locaux des Loisirs Douville. Au début de l’entente, le camp d’été accueillait de 20 à 25 enfants. En quelques années, ce nombre est passé à 80 jeunes. L’organisme ne bénéficie pas d’installations ni de ressources suffisantes pour répondre à la demande », a expliqué Michel Rouleau, agent de développement communautaire au service des Loisirs et responsable de la gestion de l’entente entre la Ville et le MALI. Les travaux prévus aux Loisirs Douville viendront aussi perturber passablement les activités estivales en 2013. Dans ce contexte, souligne M. Rouleau, la solution pourrait mener vers une décentralisation des services et, du coup, vers une véritable intégration des enfants handicapés dans les camps d’été des quartiers. « Évidemment, il faudra mener un exercice de consultation dans les quartiers, voir lesquels seraient ouverts à accueillir des enfants handicapés et des accompagnateurs. Peut-être que ce ne serait pas dans tous les quartiers dès l’été prochain, mais ce serait dans plusieurs quartiers. Dans les circonstances, c’est le scénario le plus plausible. »L’endroit où logera le MALI pour l’été 2013 semble toujours être l’objet de discussions, mais à plus long terme, l’organisme pourrait être relocalisé au couvent de la Métairie, selon les informations obtenues par LE COURRIER.

De l’espoir pour William

Il y a quelques semaines, dans LE COURRIER, le plan d’intégration des enfants handicapés dans un seul et unique camp de jour avait fait l’objet de vives critiques, après que la Ville de Saint-Hyacinthe eut refusé de payer la somme nécessaire à l’intégration d’un petit Maskoutain aux prises avec un handicap physique – William, 6 ans – au camp de jour de son quartier, à Sainte-Rosalie.

Ce sont finalement les responsables des loisirs du quartier qui ont eux-mêmes réuni la somme nécessaire afin d’assurer la participation de l’enfant à leur camp, dont une somme d’environ 500 $ est venue du service des Loisirs. « Si on décentralise, ça coûtera plus cher. Déjà on parle d’un budget de près de 50 000 $, financé en majeure partie par la Ville, pour les accompagnateurs. La difficulté à Saint-Hyacinthe, c’est que contrairement aux autres villes de même taille qui ont un ou deux camp d’été, nous on en a huit ou neuf chaque année », a noté M. Rouleau. Ce dernier est néanmoins confiant que l’an prochain, William puisse fréquenter le camp d’été de son quartier sans que sa mère ait à mener de longues revendications auprès de la Ville et sans que les responsables du camp n’aient à réunir le financement. « À mon avis, ceux qui ont eu à traverser ça cette année n’auront pas à le refaire l’an prochain. Toutefois, il est encore tôt pour savoir comment exactement se déclinera l’offre de service. Il faudra voir comment on peut gérer le budget. »

Manque de ressources

Du côté des élus, la conseillère municipale Brigitte Sansoucy, membre du comité de suivi de l’intégration des personnes handicapées, souligne que le plan d’action 2012-2013 en matière d’intégration propose d’envisager des cas d’accompagnement sur d’autres sites de camps de jour.

Elle n’a toutefois pas été en mesure de justifier pourquoi cette volonté avait été intégrée dans le plan d’action, si la Ville refuse d’en assurer la responsabilité financière quand une demande se présente. « C’est un problème complexe, puisque les besoins sont plus grands que les ressources financières disponibles. Quand on parle d’investir dans les loisirs, il se trouve des élus pour dire que les loisirs reçoivent déjà trop d’argent. »La conseillère s’est d’ailleurs dite surprise que Jean Lemonde, président de Zone Loisirs Montérégie, un organisme responsable de la promotion du loisir des personnes handicapées, parte en croisade pour convaincre les élus maskoutains de prendre le virage vers l’intégration des enfants dans les camps de jour de quartier.« J’espère qu’il part aussi en croisade pour obtenir plus d’argent du gouvernement. Les sommes que l’on reçoit sont minimes à côté des besoins», a-t-elle conclu.

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