7 mars 2013
Voici le vrai bobo du CAG
Par: Le Courrier
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Bonjour,

Mon nom est Philippe Chassé. Je suis présentement finissant au Collège Antoine-Girouard de Saint-Hyacinthe en plus d’être le coprésident des élèves de ma promotion; la dernière de l’institution privée. C’est cette année, en 2013, que la tradition longue de 201 ans de cette école, autrefois connue sous le nom du Séminaire de Saint-Hyacinthe, prendra fin.

Bien que les chances de la transition vers la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH) soient grandes, l’institution risque la fermeture définitive. Suis-je touché? Non. Étant finissant, je m’évite le calvaire que mes confrères plus jeunes devront affronter au cours des années à venir. Cependant, je ne peux que ressentir un profond sentiment de tristesse vis-à-vis cette annonce. Vous savez, l’on s’attache à ce lieu que l’on fréquente tous les jours; nous en sommes fiers. Au jour de la rentrée de l’année scolaire 2013-2014, ce ne sont pas seulement les élèves qui seront perdants, mais toute la communauté maskoutaine. Le Collège est l’une des plus vieilles institutions au Québec; c’est un joyau de notre patrimoine et une part importante de notre histoire. À ce que j’ai pu comprendre de la séance d’information de ce 27 février, les fonds sont maintenant insuffisants pour lancer la 202e rentrée; il y a trop peu d’inscriptions. À quoi accorde-t-on cela? À la baisse démographique. Comment alors expliquer que l’école secondaire Saint-Joseph soit rendue une vraie usine à éduquer? Une polyvalente privée? On tente d’éviter le « bobo ». Le vrai problème avec le Collège, ce sont les programmes sportifs, le hockey en particulier. Depuis ma rentrée, le mot se passe dans les corridors; l’école ne met que d’efforts dans le hockey au détriment des autres programmes. Il y a cinq ans de ça, je suis rentré dans le programme langue; programme intellectuel. Ce programme n’existe plus depuis 2009. Nous sommes les derniers et nous ne sommes que cinq élèves. L’école a toujours continué de multiplier les programmes sportifs, sans véritable succès. Les filles n’ont malheureusement pas été attirées et beaucoup de garçons, ne pratiquant pas de sport précis, ont arrêté leur choix sur un autre établissement. Les programmes sportifs sont une idée formidable qui a malheureusement été surexploitée. L’on ne peut miser que sur la clientèle sportive. À titre d’exemple, il y a plus de classes en Programme international par degré à l’ÉSSJ qu’il n’y a de classes dans tous les programmes confondus de mon degré à Antoine-Girouard. C’est la preuve que les programmes intellectuels ont la cote. Le programme Leader 3.0 est arrivé trop tard, Antoine-Girouard a déjà sa réputation d’école de « gars sportifs ». Au sein même de l’école, l’on ne sent pas la fierté de nos anciens finissants aujourd’hui des leaders. Les chandails des Kristopher Letang et des Bruno Gervais sont fièrement accrochés au mur, mais l’on ne nous parle jamais de ces Daniel Johnson, Yan England et Jean Cournoyer qui ont fréquenté les mêmes bancs que nous. Je ne veux pas mettre la faute sur la direction; l’on a tenté du mieux qu’on peut de faire de cette école une alternative. C’est un essai qui n’a certes pas été fructueux, mais qui en aura valu la peine. Mes cinq années au secondaire ont été formidables et j’en remercie le corps professoral. Je souhaite la meilleure continuité à cette école, maintenant publique, qui, je l’espère, continuera de marquer l’histoire en formant ces personnes qui vont faire de notre futur un monde meilleur.

Philippe Chassé

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