5 janvier 2017
Vu et entendu à l’urgence
Par: Le Courrier
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M. Barrette, ministre de la Santé 

Le 22 novembre, j’ai passé plus de 16 heures assise dans un fauteuil roulant dans les couloirs de l’urgence de l’hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe avant d’obtenir mon diagnostic par l’urgentologue (de bonne volonté, mais complètement débordé) de fracture au tibia. 

Pendant cette journée, j’ai pu observer le cœur de tous ces travailleuses et travailleurs qui œuvrent dans le domaine de la santé : 

un ambulancier qui avise une dame âgée (90 ans) de ne pas laisser sa bourse sur son fauteuil roulant pendant qu’elle va à la toilette (elle était seule sans accompagnement). Il lui mentionne qu’il surveillait du fond du couloir, mais que la prochaine fois il ne serait pas là pour surveiller. 

un préposé à l’entretien qui tout en lavant les poignées et les portes s’informe à une dame âgée si elle est seule et si elle a mangé. Il lui mentionne la possibilité de demander un yogourt et/ou quelques biscuits pour tenir le coup durant ses longues heures d’attente. 

Et mes observations de la journée pourraient contenir plusieurs pages, mais je vais m’arrêter là, car ce que je veux vous dire, c’est si NOTRE système de santé tient le coup malgré vos coups de hache dans tous nos services, ce n’est pas votre cravate, votre habit et vos cocktails dînatoires qui font la différence, ce sont les travailleuses et les travailleurs, toutes professions confondues, qui ont le cœur à la bonne place et qui travaillent à ce que le système public permette à toutes les classes de la société de bénéficier des services de santé dont ils ont besoin. 

Lise Boivin,
Saint-Denis-sur-Richelieu

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